Edito 28

Posté par foterritoriauxregioncentre le 3 mars 2012

« Contes, vents et marées »

Dans les fables, les histoires pour enfants, il y a toujours des bons et des méchants.

Des bons qui sont toujours super gentils, attentifs, bienveillants, presque parfaits et des méchants qui cumulent tellement de défauts qu’ils en deviennent haïssables.

Et comme la vie est loin d’être un long fleuve tranquille, certains essaient de transposer habilement ces contes enfantins et leur morale simpliste dans notre réalité. Comme si tout, bêtement, était soit tout blanc soit tout noir et donc totalement dénué de la moindre nuance.

Mais dans la vie réelle, les choses sont rarement aussi simplissimes que dans les contes et on s’aperçoit, en général, très rapidement que le bon est souvent un tantinet truand et le méchant plus humain que ce qu’il n’y paraissait au départ.

C’est donc avec cette vision faussement manichéenne que l’on a tenté, dernièrement, de nous faire croire que les Allemands étaient les élèves surdoués de l’Europe et les Français, rien d’autre que de fieffés fainéants incapables de se mettre au travail durablement et ne pensant qu’à prendre du bon temps.

C’est par une étude soit disant incontestable de COE-Rexecode, un cabinet d’études économiques très proche du MEDEF, que cette gentille fable a débuté, marquant ainsi le début de cette année 2012 par de multiples polémiques et comparaisons entre la France et l’Allemagne.

Les conclusions de cette étude ?

Les Allemands travailleraient 1904 heures par an et les Français, seulement 1679 heures.

Nous serions donc moins productifs.

Et comme dans toutes les fables, il y a toujours un sens en filigrane à décrypter et qui donne toute la symbolique de l’histoire première et cette « substantifique moelle » nous a été délivrée par Luc Chatel, ministre de l’Éducation Nationale.

Selon lui, la crise et la politique menée actuellement ne sont pas responsables de la situation économique actuelle, la faute en revient aux 35 heures, à la 5ème semaine de congés payés, à l’instauration de la retraite à 60 ans en 1983,… à, finalement, toutes les avancées sociales. A tout ce qui a été synonyme, un jour, de progrès et qui nous a permis de travailler moins pour vivre mieux.

La France serait donc à la traîne de l’Allemagne et aurait perdu son triple A à cause de son manque de rigueur, de sa réticence à faire de véritables efforts et surtout à cause de ses travailleurs qui bénéficient de beaucoup trop de privilèges (en matière de sécurité sociale), de jours de congés et qui surtout, ont depuis trop longtemps oublié ce qu’était les notions de rentabilité et de rendement.

Sauf que la méthode de calcul, sans rentrer dans les détails techniques est des plus incohérentes et que si on la suit fidèlement, on en vient à conclure que les Allemands travaillent durant leurs jours fériés, qu’ils ne sont jamais malades, n’ont jamais d’enfants, ne partent jamais en formation et redonneraient même de l’argent à leur employeur pour le dédommager des jours chômés afin qu’ils soient considérés comme des jours travaillés.

Les Allemands sont certainement de bons élèves, disciplinés et studieux mais là, tout de même, il y a des limites.

Ce cabinet d’études nous prendrait-il pour des enfants dénués de sens critique ? Tout cela le laisserait donc penser.

Mais pourquoi tenter de nous démontrer, par tous les moyens, que la France est un pays peuplés de paresseux incapables de voir l’intérêt du pays au delà de l’intérêt personnel ?

Parce que derrière, il y a des enjeux politiques et économiques importants et que ce type d’études n’est rien d’autre qu’un prétexte qui permet de faire passer des lois et des réformes.

Cela permet soudain de tout légitimer en invoquant sans cesse et à toutes les sauces l’ « excellent » exemple Allemand. Exemple qu’il faut à tout prix suivre aveuglement.

« Excellent » exemple dites vous ?

Revenons sur quelques points : L’Allemagne connaît la même croissance que nous, c’est à dire 0, sa dette est la plus élevée d’Europe, les chômeurs de plus de 58 ans ne sont pas comptabilisés dans les statistiques ce qui fausse considérablement les chiffres en matière de chômage, l’allocation chômage s’arrête au bout d’un an et la personne est obligée d’accepter n’importe quel type d’emploi même sous payé car il n’y a pas de salaire minimum comme en France, les contrats à temps partiel se multiplient, la politique familiale est quasi inexistante et les femmes doivent choisir entre travailler et élever des enfants, un enfant sur six vit sous le seuil de pauvreté, le pays compte 6,5 millions de travailleurs pauvres soit 20% de la population et beaucoup de retraités sont obligés de retourner travailler pour compléter leur maigre pension (soit une augmentation de 58% en dix ans).

Le modèle allemand ? Un bel exemple en matière de compétitivité et d’exportation grâce à la libéralisation du marché du travail.

Résultat : une croissance faible, des inégalités grandissantes, une précarité galopante, une démographie en berne et une protection sociale sacrifiée.

Sommes-nous vraiment certain du modèle à suivre ?

Car quel heureux hasard que cette étude qui vante le système Allemand et qui apparaît justement au moment où l’on parle de TVA sociale (déjà instaurée en Allemagne) et donc d’allègement des charges patronales, de suppression des 35 heures, et qui rejoint les désirs de Laurence Parisot (patronne du MEDEF) ainsi que ceux de certains hommes politiques, de nous faire travailler plus longtemps pour moins cher et dans de moins bonnes conditions.

En gros, suivre, confiants, sans question ni remise en cause, le merveilleux exemple Allemand dont on ne cesse de nous vanter les mérites. Le seul, soi-disant, capable de nous sauver de cette crise qui dure…

Attention aux fables pour enfants car elles ne s’adressent qu’à ces derniers et nous, adultes, restons des citoyens lucides et conservons en mémoire, lorsque l’on écoutera les solutions miraculeuses mises en place dans certains pays, la morale de la fable de « La veille et les deux servantes » de Jean de La Fontaine : « C’est ainsi que le plus souvent / Quand on pense sortir d’une mauvaise affaire, / On s’enfonce encore plus avant ».

D.G

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Edito 27

Posté par foterritoriauxregioncentre le 4 janvier 2012

« Dans l’action sociale »

Chaque jour, la belle image du village européen craque et se fissure de toutes parts.

La belle utopie laisse peu à peu la place à la mondialisation, pure et simple, des déficits et de la misère.

La France, que l’on disait solide et fiable, connaît désormais les mêmes frayeurs que les autres pays de la zone Euro car l’étau se resserre et la triste réalité nous apparaît maintenant : nous sommes tout bonnement coincé entre l’Europe et son pacte de stabilité de croissance et les agences de notation.
En résumé, nous sommes pris entre le marteau et l’enclume.
Entre le pacte de stabilité et ses critères qui obligent les pays membres à avoir un déficit de moins de 3% et une dette publique de moins de 60%, du P.I.B et les agences de notation qui possèdent le droit de vie et de mort sur les états.

En ce qui concerne la France, nous sommes désormais sous l’étroite surveillance de Moody’s, qui nous a fixé un ultimatum de trois mois, pour redevenir solvable et garant d’une certaine stabilité économique. Dans le cas contraire, notre note serait dégradée et nos taux d’emprunt sur les marchés financiers exploseraient.
Comme pour la Grèce, l’Italie et bien d’autres pays.
Autrement dit, pour se sortir de la crise, il faudra emprunter à des taux encore plus élevés qu’aujourd’hui et les intérêts de ces emprunts viendront accroître notre dette de façon encore plus rapide que maintenant.
Une fois à terre, plutôt que de nous tendre la main, on nous piétinera en prétextant que c’est pour notre bien.

Il faut dire que la France connaît actuellement un déficit de 1 704 milliards d’euros.
Abysse si impressionnant qu’il nous est même difficile à imaginer et à appréhender une telle somme.
Pour que cela soit vraiment mesurable par tous, il faut répartir cette somme par le nombre d’habitants français qui est d’à peu près 65 384 885.
Ainsi, chacun de nous, qu’il soit jeune, retraité, actif, chômeur, malade ou en bonne santé, est donc endetté à hauteur de 26 000 euros.
Et cette somme ne cesse d’augmenter.

Car, malgré les précédentes réformes, rien n’y fait, le compteur tourne inexorablement à une vitesse vertigineuse et chaque seconde nous coûte des milliers d’euros.
Alors quoi faire ? Prendre de nouvelles mesures ? De nouveaux plans ? De rigueur, d’austérité.

Miser, comme le souhaite le gouvernement, sur l’effort et la solidarité nationale, intergénérationnelle, sur la belle unité de la France et des français face au danger et fustiger les horribles fraudeurs qui creusent abusivement le trou de la sécu ou ceux qui vivent au crochet de la société. Faire en sorte que chacun se sente enfin responsable et coupable de ce qui arrive…

En d’autres temps, sous d’autres cieux, peut-être que cela aurait été réalisable et somme toute acceptable.
Mais les circonstances ne se prêtent guère à ce genre de propos car nous savons très bien qu’il va falloir rogner sur certaines choses difficiles à tolérer.

Car, ce qui se dessine, c’est un grignotage progressif, puis une perte totale d’ici quelques années, de nos acquis en matière de protection sociale. Le but étant de réduire les déficits coûte que coûte.
Soustraire, ce qu’il est encore possible de soustraire aux plus faibles, aux malades, aux personnes âgées, aux plus démunis. Invoquer les fraudes en tout genre pour grignoter encore et toujours quelques euros sur le dos de ce qui souffrent et qui peinent. Comme l’instauration d’un jour de carence pour les fonctionnaires ou la réduction des indemnités journalières pour les salariés du privé. Comme si être malade était un choix !

Car une chose est sûre, les 100 milliards d’euros de manque à gagner pour l’État que les réductions d’impôts ont générées ainsi que les 73 milliards que le bouclier fiscal a fait épargner aux plus riches, il faudra bien les compenser.
Et cette compensation se fera entre autre en réduisant le coût de ces aides sociales qui profitent à tous.

Ne pas trop taxer les riches ou de façon temporaire pour apaiser l’opinion et utiliser le symbole de la fraude pour justifier des mesures ineptes car, comme le dit Xavier Bertrand : « il faut s’assurer de la bonne utilisation de l’argent public, l’argent de la solidarité nationale ».
C’est vrai qu’avec 600 millions d’euros dépensés entre 2006 et 2010 en sondages et coaching en tout genre pour et par le gouvernement on peut dire que l’argent public a été bien utilisé…

Décidément, ceux qui ne voulaient plus entendre parler de lutte des classes vont être déçus car, inéluctablement, à cause justement de ce type de mesures et du contexte ambiant, nous allons très vite revenir à ce concept.

En effet, comment ne pas observer le décalage qui existe actuellement ?

Les retraités voient leur pouvoir d’achat reculer de 1% tous les ans depuis 10 ans et certains connaissent la précarité et la misère même après s’être levé tôt tous les matins pendant de longues années, le nombre de personnes dites « pauvres » est de 8,2 millions et donc en progression constante depuis plusieurs années mais, d’un autre côté, la France se place tranquillement en première position, parmi tous les pays européen, au classement des pays qui ont le plus de millionnaires. Et ce avec plus 2,6 millions de millionnaires.

Quant au gouvernement qui nous parle d’austérité et de rigueur, il ne cesse d’être épinglé pour des dépenses faramineuses et c’est le premier à ne pas donner l’exemple qu’il entend nous inciter à suivre.

Qu’attendons nous pour nous indigner et pour redonner un visage humain et social à toute cette mécanique de statistiques économiques ?

N’ayons pas peur de dire « Je m’indigne donc je suis » (de Gyorgy Balint) et ensemble essayons de changer les choses !

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Edito 26

Posté par foterritoriauxregioncentre le 29 septembre 2011

« Du contrat moral » 

Partout le même cri de révolte, la même soif de justice ! 

De la Tunisie, à l’Égypte, en passant par la Libye, le Yemen, la Syrie, l’Irlande, le Portugal, la Grèce, les États-Unis, l’Italie, Israël ou l’Espagne. 

Tous ces pays sont en proie à des conflits sociaux, à des révoltes, à des émeutes, à des contestations qui dégénèrent.    Partout on trouve colère et exaspération. 

Les populations s’expriment comme elle le peuvent et essaient tant bien que mal de faire entendre leur mal être, leur profond ras le bol et leur volonté de changer radicalement les choses afin de parvenir à cette notion humaniste de « justice sociale ».  

Partout, les raisons sont les mêmes : un endettement public abyssal et durable, un taux de chômage élevé, une perte constante du pouvoir d’achat, une classe moyenne qui croule sous les impôts, une augmentation  du prix des matières premières, une flambée des prix du logement et des loyers, des pauvres de plus en plus pauvres et paradoxalement, des riches qui deviennent, de façon indécente, très riches et qui cumulent, bien que peu nombreux, 90% des ressources de la nation. 

La solution ? Presque constamment la même.  La répression. Physique avec intervention des forces armées policières ou militaires comme dans les pays du Maghreb. Ou plus pernicieuse parce qu’économique avec l’application d’une politique dite de rigueur ou d’austérité. 

Gel du salaire des fonctionnaires et non remplacement des départs à la retraite comme en Irlande, au Portugal et en Grèce. Réduction voire même suppression de certaines prestations sociales, diminution des services publics, allongement de la durée de cotisation et donc de travail, augmentation des impôts. 

Des mesures qui ne sont pas sans nous rappeler des choses qui se passent chez nous. 

Mais il est vrai qu’en France, du moins avant ce mercredi du 24 août 2011, on avait du mal à prononcer les mots de rigueur ou d’austérité. 

On préférait avancer les termes de réforme, d’efficience, de performance et de rendement afin de justifier des changements structurels, conjoncturels et surtout des restrictions et des contraintes supplémentaires pour les classes moyennes.  Mais avec toujours une certaine faculté à stigmatiser les plus démunis. 

Comme lorsqu’un représentant du gouvernement se permet de qualifier les bénéficiaires du R.S.A de « cancers de la société française ».

Vraiment lamentable ! 

Il peut être ô combien noble de vouloir combattre l’assistanat.

Sauf lorsque ceux que l’on qualifie d’assistés ne sont en réalité que les victimes d’un système qui ne privilégie que ceux qui ont de l’argent au détriment des autres.  Surtout lorsque dans le même temps, ce même gouvernement réforme de façon plus qu’élégante l’Impôt Sur les grosses Fortunes afin que la suppression du bouclier fiscal soit la plus indolore possible pour les très riches.  Et ce, à grand renfort d’interventions télévisées et radiophoniques, où on nous explique que tout cela est normal, que cette réforme est certes un peu coûteuse pour l’État mais qu’elle est nécessaire pour éviter les évasions fiscales…  Stigmatisation des plus pauvres et diversion médiatique pour éviter d’aborder les vrais problèmes de fond que  sont la répartition équitable des richesse et la hiérarchie des salaires. 

L’heure est aux efforts pour tous et pas seulement pour les classes moyennes qui ne peuvent s’évader fiscalement et qui doivent supporter les hausses d’impôts sans broncher ou pour les nécessiteux qui doivent se contenter des miettes que notre société capitaliste veut bien encore leur jeter.   

Loin de nous laisser abattre, il nous faut au contraire combattre et reprendre les choses en main et ne surtout pas laisser les agences de notation (qui détiennent réellement le pouvoir) sceller notre destin. Souvenons-nous de ce 8 janvier 2009 où Nicolas Sarkozy évoquait sa volonté, dans son discours à la conférence internationale «Nouveau monde, nouveau capitalisme», de moraliser le capitalisme… 

Commençons déjà par moraliser les femmes et les hommes qui nous dirigent et le reste suivra peut-être… 

Exigeons tous ensemble plus de justice sociale, d’égalité de droits et le retour à une vraie démocratie sans élite ou caste de privilégiés. Nouvelle taxe de 3% pour les 10.000 foyers touchant plus de 500.000 euros mais seulement jusqu’à ce que le déficit de la France repasse sous les 3%. 

En sera t-il de même pour toutes les augmentations d’impôts et les nouvelles taxes passées et à venir ? 

Rien n’est moins sûr… 

Pourtant comme disait Gandhi :    

 « La démocratie devrait assurer au plus faible les mêmes opportunités qu’au plus fort ». 

 

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Edito 25

Posté par foterritoriauxregioncentre le 29 avril 2011

« Pour un combat citoyen ! »

 

 

La triple crise que nous traversons (conjoncturelle, économique et idéologique) repousse sans cesse les limites du concept de solidarité en nous opposant une solution aussi facile qu’inutile : le repli sur soi.

Individualisme poussé à l’extrême comme si se terrer, fermer les yeux et attendre, acculer entre peur et fausse indifférence pouvait éviter d’être touché par la main invisible de ce capitalisme qui après avoir tout balayé sur son passage finit par nous écraser au retour.

Atonie permanente. Anesthésie médiatique omniprésente. Uniformisation de la désinformation des masses par la propagande ordinaire.

La passivité est devenue une valeur sûre et indéfectible dans un monde sans repère où seule la médiocrité est véritablement reconnue et consacrée.

La pirouette politique n’est plus une figure de style occasionnelle. Elle est devenue l’outil de désorientation indispensable dans la maîtrise d’une population piégée dans un système de pensée unique construite à grands coups de néologismes et de novlangue qui ne conduit, au bout du compte, qu’au désastre pour les uns et au profit pour les autres.

Preuve encore en est avec Henri Guaino qui déclarait, dimanche 17 avril 2011 dans l’émission « Dimanche plus », que la suppression du bouclier fiscal était une bonne chose car sa conservation aurait conduit à demander de faire des efforts aux moins riches et non pas aux plus riches.

Selon lui, ce changement de stratégie s’expliquerait notamment par le passage de la crise économique.

Pourtant, il y a à peine un an, ce même Henri Guaino, soutenait mordicus l’exact contraire.

Mais peut-être n’avait-il pas encore été informé de la présence de la crise financière en France…

Entre nous, ce triste constat, que les moins riches allaient payer pour les plus riches, était largement prévisible dès la mise en place de ce bouclier et c’est exactement ce que nous n’avons pas cessé de dénoncer.

Toujours est-il que les jours se suivent et se ressemblent, bercés que nous sommes dans cette torpeur voulue qui n’a pas d’autre finalité que celle de parvenir à nous faire accepter tout, son contraire et même l’inacceptable.

Comme le gel des salaires pour une année supplémentaire comme s’il nous appartenait, à nous fonctionnaires, de supporter le marasme économique et les mauvaises gestions de la crise.

Cette analgésie constante qui désactive nos cerveaux permet, sans chloroforme ni autre artifice, de faire passer, sans trop de mal, n’importe quelle réforme.

L’endoctrinement est tellement sinueux et perfide que chacun le finance puis se l’injecte jusqu’à s’approprier, à son rythme, des tonnes de contre vérités.

Mais tout est normal, tout va bien, ne vous inquiétez pas…

Dans les hôpitaux, les patients deviendront des clients, rentables ou pas et surtout solvables ou non.

Ceux qui auront les moyens pourront se faire soigner correctement, les autres devront choisir entre l’endettement et la santé.

Une mort à crédit en quelque sorte. Comme aux États-Unis d’Amérique.

Le clientélisme, notion subtile qui permet d’introduire les termes d’efficience, de productivité, de rendement, de profit, d’intéressement collectif puis d’individualisation de primes, de résultat, dans une structure comme le Service Public où les mécaniques n’ont jamais été prévues à cet effet.

Et là, pas d’adaptation possible, il faut casser et déstructurer, on dit réformer parait-il, pour plier et tordre les vestiges de notre modèle social afin de le faire entrer dans l’ère moderne du mercantilisme et du libéralisme.

Les États-Unis, modèle suprême de ce libéralisme exemplaire, où la compétitivité et l’égoïsme ont permit à certains d’atteindre le rang de monarque pendant que d’autres agonisent sur un bout de trottoir.

Mais il est vrai que là-bas, la misère s’appelle « liberté » ou encore « rêve américain ».

Et nous, comment nommerons-nous notre misère sociale et humaine ?

Liberté ? Égalité ? Fraternité ? Quotidien ? Fatalité ?

L’heure est venue de se réveiller, de ne plus laisser faire, de militer, de résister et de s’affranchir de ce futur aux allures cauchemardesques qui se dessine.

Ou alors espérer, les yeux rivés sur nos chaussures, obtenir, sous réserve d’être bien docile, une cage plus grande avec des chaînes un peu plus longues… Quelle perspective d’avenir !

Pour finir, une citation de Bertolt Brecht, dramaturge et poète allemand du XX ème siècle :



« Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu. »

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